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    May 15, 2026Russell Parkway

    Lionel Carmant : l’ami noir de service du bigot blanc

    Lionel Carmant : l’ami noir de service du bigot blanc

    Comment la démission et le retour du politicien caquiste ont révélé un homme prêt à tolérer le racisme, mais pas une menace pour sa propre carrière

    Lionel Carmant, pour paraphraser ce que Walter Innocent, Jr. a si bien exprimé, tu aurais infiniment plus de crédibilité si tu avais quitté la CAQ à l’instant même où François Legault a déclaré que le racisme systémique n’existe pas au Québec.

    Souviens-toi: en 2020, tu coprésidais le « groupe d’action contre le racisme » de Legault. Tu t’es vanté devant les journalistes d’avoir toi-même été victime de profilage racial — plus d’une fois — en grandissant à Montréal. Tes propres parents t’avaient tenu cette conversation que tant de familles noires connaissent. Tu as dit: « Je ne connais personne dans la communauté noire qui n’a pas été intercepté sans raison par la police. »

    Pourtant, tu es resté assis à cette table et tu as défendu le refus de ton gouvernement d’employer ne serait-ce que le terme « racisme systémique ». Tu as qualifié ce terme de « clivant ». Tu as contribué à produire un rapport qui évitait délibérément de nommer le problème tout en prétendant le combattre.

    Lionel Carmant

    Ta famille a quitté Haïti pour le Canada quand tu avais quatre ans. Tu as bâti une carrière de médecin. Tu avais de la crédibilité. Tu l’as jetée aux orties.

    Tu t’es muré dans le silence quand ton collègue Jean Boulet a dit que les immigrants « ne travaillent pas, ne parlent pas français ». Un mensonge raciste. Au lieu de le chasser, Legault en a fait son ministre du Travail. Et toi? Rien.

    Tu t’es muré dans le silence lorsque ton gouvernement a contribué à évincer Me Tamara Thermitus — la première femme noire à diriger la Commission des droits de la personne et de la jeunesse. Sa réputation a été détruite par une enquête partiale dont un tribunal a ultérieurement jugé qu’elle violait ses droits. Aucune excuse. Aucune reddition de comptes. Et toi? Rien.

    Tu t’es muré dans le silence pendant que Simon Jolin-Barrette dilapidait l’argent des contribuables en portant l’arrêt Luamba devant la Cour suprême — une croisade raciste pour maintenir les interpellations aléatoires et permettre à la police de continuer à profiler des automobilistes noirs. En 2020, tu réclamais l’interdiction des interpellations aléatoires. Ta propre recommandation. Où était ta voix quand ton collègue se battait pour préserver exactement ce que tu disais devoir prendre fin ?

    Le problème de racisme anti-Noirs à la CAQ est largement documenté. Tu as refusé de le reconnaître — tout en siégeant à la table du conseil des ministres.

    Et puis est arrivé le projet de loi 2, la loi sur la rémunération des médecins. Soudain, tu as retrouvé ta voix. Tu l’as qualifiée d’« incompréhensible » et tu as démissionné pour protester. Tu as quitté le parti — pas à cause du racisme, ni de Tamara Thermitus, ni de l’appel dans l’affaire Luamba — mais à cause d’une loi touchant ta profession.

    Voici ce que cela nous apprend : tu pouvais digérer le racisme systémique. Tu pouvais digérer les attaques contre les immigrants. Tu pouvais digérer la destruction de la carrière d’une femme noire. Tu pouvais digérer que ton gouvernement défende et normalise le profilage racial.

    Mais à l’instant où ta propre carrière — et celle de ta fille — a été menacée, tu es parti.

    Ce n’est pas du principe. C’est de l’égoïsme. Tu n’es pas entré en politique pour servir le public. Tu y es entré pour te protéger, toi et ta famille.

    Heureusement, François Legault a démissionné de son poste de chef de la CAQ le 14 janvier 2026 — ouvrant la porte à un successeur. Le choix s’est réduit à un démagogue anti-immigration, Bernard Drainville, et à Christine Fréchette — qui, jusqu’alors, avait évité tout comportement controversé.

    Tu t’es rapproché de Fréchette en lui offrant ton appui, et elle a remporté la course à la chefferie. Tu as ensuite été récompensé par un poste au conseil des ministres. Pourtant, elle a conservé les deux mêmes racistes, Jean Boulet et Simon Jolin-Barrette, comme ministres. Elle a ensuite nommé Bernard Drainville ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, et ministre responsable de la Stratégie maritime.

    Fréchette a démontré son indifférence aux enjeux touchant les Québécois racisés en permettant à des racistes de siéger dans son cabinet.

    Mais en quoi cela devrait-il t’importer? Tu as obtenu un poste de ministre et le prestige qui l’accompagne. En échange, tu resteras silencieux chaque fois que le sujet de la race et du racisme systémique retiendra l’attention des médias, et tu continueras à défendre le racisme de ton parti. Comme Legault, tu as choisi d’être l’ami noir de service de Fréchette.

    Tu n’es pas un héros. Tu n’es pas un ami de la communauté noire. Tu es un hypocrite. Tu es un vendu. Et le Québec mérite mieux.

    Russell Brooks est auteur de thrillers à suspense. Si vous aimez lire ses essais, inscrivez-vous à sa liste d’envoi, découvrez ses livres et soutenez son travail.

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